JOUR APRES JOUR

LES PRINCIPAUX EVENEMENTS DE NOTRE VIE "JOUR APRES JOUR"

03 septembre 2008

C'EST LA RENTREE DES CLASSES

MARDI 02 SEPTEMBRE 2008

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Pour la première fois depuis dix-sept ans, les 12 millions d'élèves du primaire et du secondaire rentrent tous en classe le même jour, mardi 2 septembre. Une date unique, mais une extrême diversité de situations. De l'école rurale au collège ZEP, du très chic lycée de province à l'établissement évité par les familles aisées, ces quelques croquis de rentrée en donnent une idée.

A Cazeaux-de-Larboust (Haute-Garonne) : la maternelle dans la vallée

Le chemin de l'école passe par les premiers lacets de la route du col. Nadine Thomas est enseignante à l'école de Cazeaux-de-Larboust, un petit village des Pyrénées, à 1 000 mètres d'altitude. Sa classe compte 26 "petits" de maternelle, dans un village de moins de 100 habitants. L'école, un "regroupement pédagogique", concentre les enfants de 11 villages du Larboust. Les "moyens" sont scolarisés au fond de la vallée, tandis que les "grands" côtoient les petits à Cazeaux.

Au printemps, élus et parents d'élèves ont manifesté et pétitionné pour conserver le poste de Nadine au village. L'inspection d'académie envisageait de la muter à Luchon, petite ville thermale située une dizaine de kilomètres plus bas. Cela aurait sans doute simplifié le trajet de Nadine, qui réside au chef-lieu du canton. Mais l'enseignante préfère effectuer sa petite transhumance quotidienne au volant de sa voiture, plutôt que de contraindre tous les enfants de la vallée à descendre chaque matin en ville. "Mes deux collègues n'auraient pas pu s'occuper des petits en classe unique. C'était à terme la fin de l'école dans la vallée", estime-t-elle.

A Lyon : atmosphère d'excellence

Dans une cour ombragée où coule une fontaine, les internes se retrouvent lundi en fin d'après-midi. Un père porte le carton d'où dépassent une lampe de bureau et un oreiller. Avec 97 % de réussite au bac, dont la moitié avec mentions "bien" ou "très bien", l'établissement respire l'excellence dans son architecture début de siècle. Bien sûr, l'origine sociale contribue à la réussite de son second cycle qui compte 630 élèves. Mais selon le proviseur, Pierre-Jean Bravo, la culture du zapping et les familles recomposées n'épargnent pas le chic 6e arrondissement lyonnais. Le proviseur réunit quatre jeunes professeurs pour leur première rentrée dans l'éducation nationale, au sein d'une équipe de 180 enseignants pour leur communiquer sa passion : "Vous avez en charge la responsabilité de leur avenir et un peu de l'avenir du pays." Le ton est donné. Bienveillance autant qu'autorité, esprit d'équipe... Le proviseur cite volontiers Platon pour poser la philosophie de l'établissement : "L'homme libre n'apprend rien en esclave." Avec 30 classes préparatoires, 1 300 élèves venus de 67 départements et 12 pays différents, le très prestigieux lycée du Parc fournit chaque année une trentaine de polytechniciens.

A Metz : le soutien, pour qui ?

Lundi 1er septembre, 14 heures. Ultime "conseil des maîtres" pour les quinze enseignants (quatorze femmes, un homme) de l'école primaire Sainte-Thérèse. Le matin, ils avaient pris connaissance de leurs listes d'élèves, reçu leurs commandes de fournitures, découvert ou retrouvé leur salle. On procède aux dernières inscriptions : 370 enfants sont attendus mardi. Ici comme ailleurs, la mise en place de l'aide personnalisée est la grande affaire de la rentrée. "Combien d'élèves sont concernés ?", demande Lidye Behr, enseignante de CM2. "Tu raisonnes à l'envers, corrige gentiment Claudine Antoine, la directrice. On offre un volume horaire - pour nous, une heure après la classe les mardis et jeudis -, on évalue les enfants et on les répartit dans les groupes en fonction de leurs difficultés. Et tous les trimestres, on revoit les choses. C'est évolutif." Les questions se bousculent : quelle matière proposer en soutien ? Qui assurera les remplacements ? Les enfants assisteront-ils à toutes les séances ? "Monsieur l'inspecteur nous a demandé de lui faire remonter nos questions par mail, rappelle la directrice. L'urgence, c'est le repérage des enfants. On a jusqu'au 23 septembre pour s'organiser sachant qu'il y aura forcément une période de rodage."

A Paris : éviter l'évitement

Pile sur la frontière entre Paris intra-muros et sa banlieue est. Au milieu d'un hectare et demi de terrain, le collège-lycée Paul-Valéry est une barre de 250 mètres de long, sur trois niveaux, inaugurée en 1960 pour 3 000 élèves et qui en accueille aujourd'hui 1 500. Pour certains parents, en général aisés, c'est ni plus ni moins que le Goulag : pas question que leurs enfants y mettent les pieds. Au niveau collège, le taux d'évitement est de 40 % et au niveau lycée, une partie des élèves affectés à l'établissement disparaît. "Parmi ceux qui devaient arriver cette année en seconde, il y en a 44, pfuit ! Jamais vus...", s'amuse et s'emporte à la fois Claudine Vuong. Proviseur pour la deuxième année de ce "vrai lycée, avec des vrais professeurs, de vraies classes préparatoires et une vraie mixité sociale", elle rappelle qu'un élève a été reçu l'an dernier à l'Ecole normale supérieure et qu'un autre, de l'option cinéma, est entré à la Femis. Elle montre aussi une photo d'une hypokhâgne de 1995-1996, au fond de laquelle resplendit le sourire de l'élève Rama Yade, future ministre. 8 heures 30, ce 1er septembre, madame le proviseur, micro en main, ouvre les réunions de prérentrée devant plus d'une centaine de professeurs et autres personnels.

A Lille : collège flambant neuf

Des profs dont le regard pétille d'impatience... La scène se passe au collège de Wazemmes, à Lille. Le premier collège HQE (haute qualité environnementale) du département du Nord, classé "Ambition réussite", remplace les collèges Camus et Macé, et regroupera 600 élèves sur 8 421 m2. Nommé en avril, le principal Axel Raix, venu de Roubaix, est enthousiaste : "Un tiers des enseignants était déjà venu voir les salles. Ils fourmillent d'idées."

Les professeurs s'aventurent dans les locaux lumineux surplombant une cour conçue par des paysagistes. Michael, enseignant d'histoire, a quitté les bâtiments de Jean-Macé, très époque Jules Ferry. "Ici c'est moderne et fonctionnel. J'escompte un effet psychologique sur les élèves qui vont perdre leurs repères. Et surtout plus de mixité sociale". Car Jean-Macé était fui par une majorité de parents. "J'ai noté ici des demandes de dérogation venant du public mais aussi des inscriptions d'enfants retirés du privé", confirme M. Raix.

Patricia Desmedt, professeure d'arts plastiques, est fascinée par la géométrie des espaces. "Je vais pouvoir emmener mes élèves dans la cour pour observer les façades : le bâtiment est déjà un lieu d'inspiration." Sa collègue Marie-Hélène Le Drogoff jubile dans sa pièce de technologie : "C'est rare d'avoir autant de place pour ma matière !" La salle des profs provoque des exclamations admiratives. Le collège de Wazemmes (coût : 21,2 millions d'euros) a deux CPE, deux infirmières, une assistante sociale. Les élèves, de population en grande partie défavorisée seront moins de 23 par classe. Et les sixièmes auront le choix entre des thématiques variées. Ici, le label "Ambition réussite" porte bien son nom.

Posté par AlainArmelle à 06:27 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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